Addicto-USIC

Drogues et tabac : un risque accru après un accident cardiaque 2017

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L’usage de drogues augmente le risque de complications graves à la suite d’un accident cardiaque.

Consommer des drogues psychoactives peut augmenter de 5 à 8 fois le risque de complications graves chez des patients hospitalisés pour un accident cardiaque aigu. C’est ce que révèle l’étude ADDICTO-USIC, dirigée par le Pr Patrick Henry.

L’étude ADDICTO-USIC a été menée en 2021 avec un financement de la Fondation Cœur & Recherche.

« Les objectifs étaient de savoir quelle était la fréquence de patients hospitalisés pour des accidents cardiovasculaires ayant des addictions aux substances illicites, mais aussi l’impact sur leur pronostic. Nous avons voulu élargir la problématique à la consommation de tabac, qui est aussi une addiction », explique le Pr Patrick Henry, chef du service de cardiologie de l’hôpital Lariboisière à Paris (AP-HP). Pour cette étude, 39 centres à travers la France ont inclus l’ensemble des patients reçus en Unités de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC) entre le 7 et le 22 avril 2021. On donnait à tous ces patients un questionnaire sur leurs addictions et un dépistage urinaire rapide leur était proposé afin de rechercher la présence de cannabis, cocaïne, héroïne, amphétamines, et MDMA.

« 10,7 % étaient positifs à l’une des drogues recherchées, la majorité pour le cannabis ». Les paramètres vitaux, cliniques, biologiques, ECG et échographiques principaux ont été répertoriés. « Quasiment tous les patients ont donné leur autorisation pour participer », souligne le Pr Henry.

En tout, 1 499 patients ont été inclus, dont 70 % d’hommes, avec une moyenne d’âge de 63 ans. « Nous avons ensuite répertorié la survenue d’événements graves pendant l’hospitalisation et effectué un suivi à un an », poursuit le cardiologue.

Parmi les patients admis, 50 % souffraient d’une maladie coronaire et 20 à 25 % d’insuffisance cardiaque.

Les résultats de l’étude ont montré que 161 patients, soit 10,7 % étaient positifs à l’une des drogues recherchées, la majorité pour le cannabis (136 patients, 9,1 %). Trente-deux patients étaient positifs à l’héroïne ou à d’autres opioïdes (2,1 %), 25 pour la cocaïne (1,7 %), 10 pour les amphétamines (0,7 %) et 9 pour la MDMA (0,6 %).

« 33 % des patients de moins de 40 ans sont consommateurs. C’est donc très fréquent chez les jeunes, mais pas du tout négligeable chez les plus âgés ! » Le Pr Henry relève également que seuls 56,5 % des patients interrogés avaient admis leur consommation de drogues illicites.

La consommation est également plus fréquente chez les hommes que chez les femmes (11,9 % contre 8,1 %). « Nous avons observé qu’il se produisait chez les patients qui consommaient ces drogues entre 5 et 8 fois plus d’événements graves pendant l’hospitalisation, comme un décès, la survenue d’une insuffisance cardiaque, ou d’un trouble du rythme ventriculaire grave », détaille le Pr Henry.

Même à long terme, les conséquences pouvaient être graves : « À un an, ces événements étaient environ 3 fois plus fréquents », ajoute-t-il.

Le tabagisme augmente fortement les événements graves. 1 379 patients ont soufflé dans l’appareil permettant de mesurer leur taux de monoxyde de carbone expiré. Certains avaient des taux très élevés, jusqu’à 50 ppm. En tout, 27 % de fumeurs actifs ont été comptabilisés.

« Dès que les patients avaient un taux supérieur à 11 ppm, il y avait une augmentation des risques d’événements cardiovasculaires proche de 20 %. » La survie à un an était de l’ordre de 98 % lorsque le taux de monoxyde de carbone était normal ; elle tombait à 86 % avec un taux de CO supérieur à 11 ppm.

Le tabagisme se révèle donc être le facteur le plus prédictif d’événements intrahospitaliers. Le Pr Henry suggère d’étudier l’impact d’un traitement de l’intoxication au monoxyde de carbone par oxygène à haut débit.

Mentorat – Cette étude a généré 15 publications et a permis à de jeunes cardiologues en formation de s’initier à la recherche. « Dans chaque centre, un senior et un junior faisaient équipe sur ce travail. Cela a permis de créer une belle émulation et de donner le goût de la recherche à de nombreux jeunes », se félicite le cardiologue.

Le site propose également un rapport final de l’étude ADDICTO-USIC.

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